Comment déclarer son chiffre d’affaires en micro-entreprise

En bref : vous devez déclarer votre chiffre d’affaires en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr, chaque mois ou chaque trimestre selon la périodicité choisie. Vous indiquez le montant réellement encaissé (même s’il est nul) et l’URSSAF calcule automatiquement vos cotisations sociales. La première déclaration intervient après un délai minimum de 90 jours d’activité. Un retard ou un oubli entraîne une pénalité et un télépaiement facilite le règlement. Pour toute situation particulière, référez-vous à votre espace URSSAF.

Où et quand déclarer son chiffre d’affaires ?

La déclaration se fait obligatoirement en ligne, sur le site officiel autoentrepreneur.urssaf.fr. Aucun envoi papier n’est possible. Vous accédez à votre espace personnel avec votre adresse e-mail (ou votre numéro de Sécurité sociale) et votre mot de passe, puis vous rejoignez la rubrique « Déclarer et payer ».

Au moment de créer votre micro-entreprise, vous avez choisi une périodicité de déclaration :

  • Déclaration mensuelle : chaque mois, vous déclarez le chiffre d’affaires du mois précédent. C’est l’option qui permet de rester à jour et de lisser la trésorerie.
  • Déclaration trimestrielle : vous déclarez tous les trois mois les sommes encaissées sur le trimestre écoulé. Elle allège la charge administrative mais concentre le paiement.

La date limite est le dernier jour du mois qui suit la période concernée. Vous pouvez changer de périodicité une fois par an, avant le 31 octobre, pour une application l’année suivante. Bonne nouvelle : le montant à déclarer correspond toujours au chiffre d’affaires encaissé, jamais à celui simplement facturé.

Comment déclarer son chiffre d’affaires sur autoentrepreneur.urssaf.fr ?

La démarche prend quelques minutes. Voici les étapes à suivre :

  1. Connectez-vous à votre compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr avec vos identifiants. Pour une première connexion, créez le compte à partir de votre numéro SIRET et de votre numéro de Sécurité sociale.
  2. Ouvrez l’échéance en cours depuis la rubrique « Mon auto-entreprise au quotidien », puis « Déclarer et payer ».
  3. Saisissez votre chiffre d’affaires encaissé sur la période, arrondi à l’euro le plus proche. En cas d’activité mixte, répartissez les montants entre ventes de marchandises, prestations de services commerciales ou artisanales et activités libérales.
  4. Validez les montants. L’URSSAF affiche aussitôt le total des cotisations dues, calculé automatiquement.
  5. Payez par carte bancaire (immédiat) ou par télépaiement (prélèvement en début de mois suivant).
  6. Téléchargez votre justificatif de déclaration. Ce document sert à justifier vos revenus auprès de France Travail, de la CAF ou d’un organisme de prêt.

Pensez à conserver chaque justificatif. Il constitue votre preuve officielle de déclaration et de paiement.

Comment sont calculées les cotisations sociales ?

Les cotisations sociales correspondent à un pourcentage de votre chiffre d’affaires, sans aucun abattement à appliquer vous-même. Le taux dépend de la nature de l’activité. En 2026, les taux de droit commun sont les suivants :

  • Vente de marchandises (BIC) : 12,3 %.
  • Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) : 21,2 %.
  • Professions libérales relevant de la Cipav : 21,2 %.
  • Autres prestations libérales (BNC) : 26,1 %, au terme de la hausse progressive engagée depuis 2024.

Ces cotisations financent votre protection sociale : retraite, assurance maladie, allocations familiales. À cela s’ajoute une contribution à la formation professionnelle et, selon l’activité, une taxe pour frais de chambre consulaire. L’ensemble apparaît directement dans le récapitulatif affiché avant paiement. Les taux évoluant régulièrement, vérifiez toujours ceux qui s’appliquent à votre situation dans votre espace URSSAF.

Faut-il déclarer un chiffre d’affaires nul ?

Oui, sans exception. Même si vous n’avez rien encaissé sur la période, vous devez effectuer une déclaration à zéro. Il suffit d’indiquer un montant de 0 € dans les cases concernées puis de valider. Aucune cotisation n’est alors due.

Ne pas déclarer, même à zéro, expose à une pénalité et, en cas de répétition, à une taxation d’office ou à une radiation. La règle est simple : une déclaration par échéance, quel que soit le résultat. Notez toutefois qu’une micro-entreprise sans chiffre d’affaires pendant vingt-quatre mois consécutifs perd son statut.

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu

Sous conditions de revenu fiscal, vous pouvez opter pour le versement libératoire. L’impôt sur le revenu est alors payé en même temps que les cotisations, sous forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires déclaré :

  • 1 % pour la vente de marchandises.
  • 1,7 % pour les prestations de services commerciales et artisanales.
  • 2,2 % pour les activités libérales.

Sans cette option, votre bénéfice est soumis au barème progressif lors de la déclaration annuelle de revenus, après application de l’abattement forfaitaire. Le versement libératoire simplifie la gestion mais n’est pas toujours avantageux : il n’intéresse que les foyers imposables. En cas de doute, un point avec l’administration fiscale ou un conseiller aide à trancher.

ACRE et première déclaration : ce qui change ?

L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) réduit vos cotisations sociales pendant les douze premiers mois d’activité. Concrètement, le taux applicable est diminué de moitié sur cette période. Vous n’avez rien à calculer : l’exonération est intégrée automatiquement au montant affiché, à condition que votre demande ait été acceptée.

Pour votre première déclaration, un délai de carence s’applique. Un minimum de 90 jours doit s’écouler entre le début d’activité et la première échéance. En pratique, si vous démarrez en mars, la première déclaration mensuelle intervient au plus tard le 31 juillet. Ce report ne dispense pas des déclarations suivantes, qui reprennent ensuite le rythme normal.

TVA et seuils : à surveiller

La micro-entreprise bénéficie par défaut de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA et vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Cette franchise s’applique tant que votre chiffre d’affaires reste sous les seuils fixés par l’administration.

Au-delà de ces seuils, vous devenez redevable de la TVA. Vous devez alors obtenir un numéro de TVA intracommunautaire, la facturer à vos clients et la reverser. Attention : cette bascule ne change rien à votre déclaration de chiffre d’affaires à l’URSSAF, qui reste identique. Les seuils de TVA ayant fait l’objet de plusieurs ajustements récents, vérifiez les montants en vigueur auprès des impôts avant de raisonner sur votre plafond.

Délais, pénalités et correction d’une erreur

Le respect des délais de déclaration est essentiel. Chaque déclaration manquante entraîne une pénalité forfaitaire (de l’ordre de 58 € en 2026) et les cotisations peuvent être taxées d’office sur une base majorée. En cas de télépaiement, veillez à provisionner votre compte avant le prélèvement pour éviter tout rejet.

Une erreur de saisie se corrige facilement. Vous pouvez modifier une déclaration jusqu’à la date d’exigibilité, avant midi. Seul le dernier enregistrement est pris en compte, il n’y a donc pas de risque de double paiement. Passé ce délai ou en cas de trop-perçu, contactez votre URSSAF régionale : un crédit pourra être reporté sur l’échéance suivante.

Questions fréquentes

Comment déclarer si je n’ai pas encore de chiffre d’affaires ?

Vous connectez à votre espace URSSAF, ouvrez l’échéance en cours et saisissez 0 € dans les cases correspondantes. Cette déclaration à zéro est obligatoire à chaque période, même sans aucune recette. Aucune cotisation n’est prélevée mais l’absence de déclaration reste sanctionnée.

Puis-je changer la périodicité mensuelle ou trimestrielle ?

Oui. Le choix mensuel ou trimestriel se modifie une fois par an, avant le 31 octobre, depuis votre espace personnel. La nouvelle périodicité s’applique à partir du 1er janvier suivant. En dehors de cette fenêtre, la fréquence retenue reste valable pour toute l’année en cours.

Que se passe-t-il en cas de déclaration en retard ?

Chaque échéance manquée génère une pénalité forfaitaire et, à défaut de régularisation, une taxation d’office. Il est donc préférable de déclarer même tardivement plutôt que de laisser une période sans déclaration. Régularisez dès que possible depuis votre espace ou en contactant votre URSSAF.

Le versement libératoire est-il obligatoire ?

Non, c’est une option soumise à conditions de revenu fiscal. Sans elle, votre impôt est calculé lors de la déclaration annuelle de revenus. Avec elle, vous payez un pourcentage fixe à chaque déclaration de chiffre d’affaires. L’intérêt dépend de votre niveau d’imposition global.

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