Former ses salariés a un coût, mais ce coût est rarement supporté seul par l’entreprise. En 2026, plusieurs dispositifs permettent d’obtenir une prise en charge partielle ou totale des frais de formation : le financement par votre OPCO, le plan de développement des compétences, le CPF co-construit, le FNE-Formation et les aides liées à l’alternance. Voici comment un dirigeant peut les mobiliser, avec les règles et les montants en vigueur cette année.
Qui finance la formation en entreprise en 2026 ?
Depuis la réforme de 2018, chaque entreprise verse une contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance, collectée par l’Urssaf. Cette contribution alimente les fonds qui financent ensuite les dispositifs de formation. Selon le Code du travail, l’employeur reste tenu d’assurer l’adaptation de ses salariés à leur poste et de veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi.
Concrètement, un dirigeant qui veut former une équipe s’appuie sur deux leviers : le financement mutualisé via son opérateur de compétences et le financement direct par l’entreprise, parfois complété par des aides publiques ciblées. Le bon montage dépend de la taille de l’effectif et de la nature de la formation.
L’OPCO, premier interlocuteur pour financer une formation
L’opérateur de compétences (OPCO) est l’organisme de branche qui prend en charge tout ou partie des frais pédagogiques des formations de vos salariés. Il en existe onze, chacun rattaché à un ensemble de conventions collectives. Votre OPCO dépend donc de votre code NAF et de votre convention.
Pour les entreprises de moins de 50 salariés, l’OPCO dispose de fonds dédiés qui permettent une prise en charge renforcée du plan de développement des compétences. Les niveaux de prise en charge sont fixés par chaque branche : ils peuvent couvrir un forfait horaire, un plafond par action ou un pourcentage du coût. Il faut déposer une demande avant le début de la formation et joindre le devis de l’organisme, qui doit être certifié Qualiopi pour être finançable sur fonds publics ou mutualisés.
Au-delà des frais pédagogiques, certains OPCO participent aux frais annexes (transport, hébergement, repas) et, dans les petites structures, à la rémunération du salarié absent. Ces règles varient d’une branche à l’autre, d’où l’intérêt de vérifier votre barème avant d’engager la dépense.
Le plan de développement des compétences
Le plan de développement des compétences regroupe l’ensemble des formations décidées par l’employeur pour ses salariés. Il a remplacé l’ancien plan de formation. Deux catégories coexistent : les formations obligatoires, imposées par un texte pour exercer une activité, et les non obligatoires, qui relèvent de la stratégie de l’entreprise.
Les formations obligatoires se déroulent sur le temps de travail et sont rémunérées comme tel. Pour les autres, la formation a lieu en principe sur le temps de travail, avec maintien de la rémunération. C’est l’outil central du dirigeant pour piloter la montée en compétences de ses équipes, et son financement peut être adossé à l’OPCO pour les petites entreprises.
Le CPF co-construit avec le salarié
Le compte personnel de formation (CPF) appartient au salarié, mais l’employeur peut l’abonder pour co-financer un projet utile à l’entreprise. On parle alors de CPF co-construit ou de dotation volontaire. Depuis 2024, un reste à charge de 100 euros s’applique en principe au titulaire qui mobilise son CPF, sauf exonérations prévues par la réglementation.
Le décret du 3 décembre 2025 a précisé l’ordre de mobilisation des fonds : lorsqu’un financeur tiers, comme l’employeur ou la branche, a versé une dotation sur le compte, cette dotation est utilisée en priorité, avant les droits personnels du salarié. L’employeur peut aussi orienter sa dotation vers des formations jugées utiles pour l’entreprise. Ce dispositif suppose l’accord du salarié, puisque le CPF reste un droit individuel.
Le FNE-Formation pour accompagner les transitions
Le FNE-Formation est une aide de l’État qui cofinance la formation des salariés dans un contexte de mutation économique, de transition écologique ou numérique ou de difficultés conjoncturelles. Il est mobilisable via votre OPCO, qui instruit la demande.
Les taux et les priorités du FNE sont révisés chaque année dans le cadre d’une convention nationale, puis déclinés par les OPCO. En 2026, il cible notamment l’accompagnement des compétences stratégiques et des reconversions internes. Le montage passe par un dossier déposé en amont, avec un plan de formation cohérent et un organisme certifié Qualiopi.
Alternance et apprentissage : un financement à part
Recruter en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation ouvre un financement spécifique. Les frais de formation de l’alternant sont pris en charge par l’OPCO selon un niveau de prise en charge fixé par la branche pour chaque diplôme ou titre.
Pour l’apprentissage, une aide unique à l’embauche versée par l’État soutient les employeurs, avec des montants et des conditions révisés chaque année. Le dispositif Pro-A, reconversion par l’alternance, a par ailleurs évolué vers la période de reconversion, entrée en vigueur en février 2026, qui permet de faire monter en qualification un salarié déjà en poste.
Récapitulatif des dispositifs mobilisables en 2026
| Dispositif | Ce qu’il finance | Pour qui |
|---|---|---|
| OPCO | Frais pédagogiques, parfois frais annexes | Toutes entreprises, priorité aux moins de 50 salariés |
| Plan de développement des compétences | Formations décidées par l’employeur | Tous les salariés de l’entreprise |
| CPF co-construit | Abondement d’un projet du salarié | Salarié volontaire et employeur |
| FNE-Formation | Transitions, compétences stratégiques | Salariés en poste, via l’OPCO |
| Apprentissage et alternance | Frais de formation, aide à l’embauche | Alternants recrutés |
Comment choisir le bon financement ?
La logique reste simple : identifiez d’abord votre OPCO, vérifiez son barème de prise en charge et déposez toute demande avant le début de la formation. Pour une action stratégique ou une reconversion, examinez le FNE-Formation. Pour associer le salarié à son financement, le CPF co-construit est adapté. Enfin, l’alternance ouvre un cadre distinct avec ses propres aides.
Les montants et les taux évoluant chaque année, il est prudent de confirmer les seuils applicables à votre convention collective au moment de monter le dossier. Un expert-comptable ou votre OPCO peut vous aider à sécuriser l’éligibilité de la dépense et son traitement.


